Du côté des essais
Gardiens et passeurs de Daniel Pennac

Voici
un résumé de l’opuscule de 20 pages illustré par
Bruce Roberts. Êtes-vous surpris si je précise que le texte a été publié sous
la direction d’Yves Nadon et de France Leduc ?
Pennac
dénonce la conception pharmacothérapeutique de la librairie : les enfants
y entrent comme dans une pharmacie avec
une liste de livres que leur remet le libraire, comme le pharmacien, les
prescriptions. L’auteur insiste : la lecture est tout sauf une
prescription !
« Vous
me lirez trois gouttes de Mallarmé matin et soir dans un grand verre de
commentaire… Un mois d’Éducation sentimentale et nous verrons ce que donnent
vos analyses… À la recherche du temps perdu, n’arrêtez pas le traitement avant
la fin. » (p. 3)

Ainsi,
Pennac propose ses deux grandes figures du monde du livre : les gardiens
et les passeurs, deux rôles que l’on trouve dans tous les secteurs du livre et
de la culture. Le gardien considère le livre comme un produit esthétique. Pour le
gardien, il est nécessaire de lire, mais il déplore le fait que la lecture ne
soit plus qu’un divertissement. Il
décrète l’excellence des classiques et déplore la médiocrité des romans de la
rentrée. Il n’y a plus de romancier digne de ce nom depuis Gide, plus un
philosophe depuis Sartre. Ainsi, le gardien décrète et déplore sans aucune
responsabilité. Pennac rappelle à l’ordre ce dernier et lui suggère de lire, de
chercher et surtout de trouver un bon livre et de le faire lire aux autres.
Les
passeurs, quant à eux, considèrent le livre comme un art vivant qui nourrit la
vie et se nourrit d’elle. Les passeurs « sont curieux de tout, lisent
tout, ne confisquent rien, transmettent le meilleur sans faire à personne honte
du pire. » (p.12) Ils savent qu’ils peuvent être déçus par certains
livres, mais ces derniers seront un tremplin à certains auteurs pour en publier
un meilleur.
Je
vous invite à lire les descriptions du parent, de l’enseignant, du libraire, du
bibliothécaire, de l’éditeur, du critique littéraire et du lecteur qui jouent
le rôle du passeur, un vrai délice !
Concernant
les universitaires, Pennac affirme : « Passeurs, les universitaires
qui ne se bornent pas à former des chirurgiens en littérature, mais des
éveilleurs de conscience, des allumeurs d’émerveillement. » (p.13) Je
souhaite de tout cœur être ce type de passeurs… Et vous, êtes-vous gardien ou
passeur ?
Bref, un essai intelligent qui fait sourire et surtout
qui donne envie de lire et de partager nos lectures ! J’espère qu’il y aura
autant de gardiens que de passeurs dans les librairies lundi prochain.
Belle initiative les 400 coups et encore le mot juste
monsieur Pennac !
il faut que je le trouve, merci pour cette idée!
RépondreSupprimerMerci pour cette belle découverte !
RépondreSupprimerIl ne me reste plus qu'à le trouver.